Contexte politique

 

 

 

Après la Deuxième Guerre mondiale, la Hongrie est tombée sous tutelle soviétique. La politique totalitaire des gouvernements successifs pouvait librement l'exploiter. Le schéma économique de l'ensemble des « pays de l'Est » était élaboré de sorte qu'aucun ne puisse sortir avec une économie autonome viable.

 

Le pillage de l'industrie et de l'agriculture pour le compte de l'URSS, la délation par ses fidèles du parti unique et la répression quotidienne a poussé le pays à la révolte.

 

En 1956 la révolution hongroise a été noyée dans le sang.

 

L'armée soviétique était de retour appelée par ses anciens serviteurs. Adoptant une politique plus souple ils sont devenus maîtres de la corruption, en jouissant d’impunité.

 

En été 1989, la Hongrie ouvre la première le rideau de fer  contribuant deux mois plus tard à  la chute du mur de Berlin sans effusion de sang.

Jusqu'en 2010, les anciens apparatchiks et néolibéraux ont reformé deux gouvernements successifs. Ils ont endetté et bradé le pays déjà saigné à blanc - proie facile pour les multinationales.

 

Lors des élections démocratiques de 2010 la Hongrie se rassemble et avec une très large majorité tourne le dos aux 70 ans d'allégeance avec un score encore jamais vu.

En 2011 le nouveau gouvernement de coalition droite / centre-droite réécrit la constitution - qui datait de l'époque stalinienne. Elle entrera en vigueur en 2012.

La gauche néolibérale battue et refusant le choix démocratique insulte le peuple et entame une campagne de haine anti hongrois avec des appuis à l'internationale.

 

Indigné et révolté, c'est dans ce contexte tendu que je commence cette série photographique.

 

La Hongrie sera la première à présenter à la Commission européenne sa stratégie nationale d'intégration à l'éducation et au travail des minorités les plus défavorisées jusqu'alors délaissées.

Depuis la chute du mur, c'était plutôt l’église et les associations caritatives qui aidaient les familles, la plupart roms, vivant dans une pauvreté profonde.

Aujourd'hui, l'insertion se fait main dans la main avec l'État qui veut redonner la chance aux plus démunis - comme j'ai pu le constater- quelques soient leurs origines ou leurs religions.

 

Pendant sa présidence du conseil de l'Union européenne, la Hongrie a également attiré l'attention sur le non-respect des droits de l'homme dans certains états frontaliers où vivent 2,5-3 millions de Hongrois encore sous surveillance.

Ignorant ces droits fondamentaux, violence, falsification de l'histoire, destruction des archives, fermeture des écoles hongroises, pressions et interdictions de toutes sortes caractérisent le génocide culturel toujours en cours.

En Slovaquie, les Hongrois autochtones n'ont pas le droit de garder leur citoyenneté, et ce, même sous forme de double nationalité. Cette restriction est contraire aux lois européennes .......et pourtant ils utilisent l'euro...!

Et malgré cela, l'UE reste encore sourde et muette sur ces sujets.

 

Entre-temps la Hongrie a diminué sa dette, elle a remboursé l’emprunt colossal au FMI et elle a réussi a stopper la courbe du chômage.

L'opposition, sans programme, sans leader valable et éparpillée, perd, de nouveau, trois élections successives.

Sous l'apparence de « regroupements civils » elle se radicalise et tourne vers des manifestations typiquement anarchiques.

L'opposition doit-elle justifier son dévouement aux intérêts économiques et géopolitiques extérieurs qui les financent ? Depuis que ces derniers ont été identifiés la question demeure : jusqu'à quand cette collaboration restera-t-elle rentable ?

 

 

 

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